Derrière le projet, on trouve ainsi Tom Costello, qui a développé le premier prototype du projet de moteur WebFountain chez IBM, mais aussi trois Xooglers (anciens de Google) : Anna Patterson et Russell Power qui ont travaillé à la mise en place de l’outil d’indexation TeraGoogle, et Louis Monier, co-fondateur d’AltaVista.
Au niveau de l’interface, la première page de recherche est d’une simplicité à la Google : champ de recherche sur un fond noir. La page de résultats est organisée en trois colonnes (possibilité de passer à 2). Elle affiche peu de résultats (maximum 10) avec pour chacun un long descriptif (souvent inutilisable) et parfois une image (élément intéressant déjà rencontré par exemple dans Exalead
). Innovante, la présentation risque de ne pas être pratique à l’usage obligeant l’œil à parcourir l’écran de haut en bas, et de droite à gauche. Les options sont très limitées. Pas de recherche avancée, et les préférences sont réduites à un filtrage des contenus pour adultes (safe search on/off) et à une suggestion automatique lors de la saisie d’une requête.
Parfois, apparait un menu contextuel qui propose de trier les résultats selon différentes catégories. « L’objectif de Cuil est de vous guider vers les réponses à des questions que vous ne savez même pas trop comment poser », peut-on lire sur le site. L’idée est que si vous recherchez « jaguar », il identifie par lui-même que le mot peut définir un animal, une voiture ou le système Mac, et vous propose de trier les résultats selon l’une des catégories.
Seulement, pour le moment, tout ça reste au niveau des intentions. Notre première impression est mitigée. La recherche même des termes « cuil » ou même « cuil.com » ne font pas apparaître l’url du moteur de recherche dans les premiers résultats. Autre essai avec « wikipedia ». Les résultats n’affichent pas la page d’accueil de l’encyclopédie, mais quelques-unes de ses fiches : Jennifer Lopez, Barbecue, Florida et Crime fiction et... Wikipedia. Par ailleurs, les temps de recherche sont horriblement longs. On peut se dire qu’on est au lendemain de sa sortie et qu’il doit être particulièrement sollicité, mais ce n’est pas une excuse recevable pour un moteur de recherche qui se veut au niveau, voire au-dessus, de Google.
Point positif notable, comme sur Ixquick
, les logs liés aux activités de recherche ne sont pas conservés. Ce qui rend impossible la mise en place de liens sponsorisés aussi fins que sur Google. Montée en 2005, la société Cuil a déjà récolté un capital de 33 millions de dollars, mais on ignore pour le moment le modèle économique prévu.
Aujourd’hui Cuil est uniquement proposé en anglais, mais il devrait être disponible dans d’autres langues, dont le français, d’ici la fin de l’année. Espérons que d’ici là, il aura fait de sérieux progrès.
Source : Ecrans.fr
