Organisée conjointement par l'Association Tunisienne de l'Internet et du Multimédia et le Digital Solidarity Fund (DSF), cette conférence a rassemblé des spécialistes de l'enseignement numérique et du développement logiciel pour travailler avec les professeurs en vue d'améliorer leurs capacités à utiliser des outils numériques pour leurs cours.
Le Ministre tunisien de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique Lazhar Bououni, qui avait ouvert la conférence, a souligné l'importance jouée par le DSF dans le comblement du fossé numérique entre les pays développés et les nations en développement.
"Ce fonds, créé par une initiative africaine, et approuvé par la Tunisie à l'occasion du Sommet Mondial sur la Société de l'Information, joue un rôle important dans la promotion de la solidarité en vue de la mise en place d'une société de l'information", a déclaré M. Bououni.
Le président de DSF Alain Madelain a indiqué que cette conférence représentait une contribution au lancement de l'ambitieux programme "Education numérique pour tous" et était une étape sur la voie visant à faire de 2010 l'année de l'éducation en Afrique.
Il a également expliqué aux participants que l'utilisation de plus en plus répandue des tableaux interactifs, les "tableaux magiques", aiderait la Tunisie a réaliser son objectif de l'"Education numérique pour tous". Les capacités numériques de cette nouvelle technologie aident les enseignants à progresser dans l'utilisation des logiciels éducatifs préparés conjointement par des spécialistes et des professeurs. Déjà largement utilisé en Europe, le tableau magique est un moyen efficace de répandre une culture numérique parmi les étudiants.
M. Madelain a indiqué que la capacité à "créer des départements numériques mobiles à moins de mille dollars constituerait une opportunité majeure d'intégration dans la révolution numérique et éducative sans fossé numérique entre les pays".
Un rapport publié en 2005 par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sur le fossé technologique entre pays développés en en développement décrivait la Tunisie comme "l'un des pays les plus dynamiques pour l'utilisation de la technologie moderne dans le monde en développement, aux côtés de la Chine, de l'Inde, du Brésil et de l'Afrique du Sud".
Forts de cette réputation de leader de l'internet en Afrique et dans le monde arabe, les responsables tunisiens avaient également annoncé en 2005 que d'ici cinq ans, le pays ouvrirait un cybercafé dans chaque village et octroierait aux jeunes des bourses pour lancer des projets dans les technologies de la communication.
Mais l'enthousiasme est en partie retombé, en particulier chez certains jeunes qui continuent d'être frustrés par la censure imposée par le gouvernement sur l'internet. Commentant le blocage par les autorités du site web Facebook la semaine dernière, Ziad el Heni, membre du bureau exécutif du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), a déclaré : "Après la médaille d'or de Mellouli et les excellentes prestations de la Tunisie, l'Agence Tunisienne de l'Internet (ATI) met Facebook KO !"
Dans son rapport annuel publié en mai dernier, le SNJT explique qu'un certain nombre de sites web étaient encore "indisponibles... pour des raisons politiques, morales ou de sécurité".
Ce rapport demandait aux autorités tunisiennes de lever le blocage de ces sites web "qui n'incitent ni à la violence, ni au terrorisme, ni au sexe", tels que les sites web de certaines organisations nationales, ceux des journaux d'opposition tels que al-Mawkif, et le site web de Reporters Sans Frontières.
Le 19 août, le gouvernement avait publié des statistiques montrant que le nombre d'internautes en Tunisie était passé de moins de 500 000 en 2003 à près de 2,1 millions en juin 2008.
Par Jamel Arfaoui pour Magharebia à Tunis
Source : Magharebia.com

