Cortix emploie encore au total aujourd'hui près de 350 salariés, dont un tiers en France et les deux tiers à l'étranger. Mais elle en a compté environ 200 de plus avant de traverser depuis fin 2008 une zone de tempête dont elle n'est pas sortie.
Cortix avait été fondée par son principal actionnaire et PDG Hassane Hamza en 1999, au plus fort de la bulle Internet. Depuis lors, elle exerce toujours le même métier, qui consiste à réaliser des sites web pour les entreprises du coin de la rue (artisans, cafés, boulangerie, petit commerce).
Méthodes commerciales
Pour se développer sur ce créneau alors très occupé, Cortix a appliqué et applique toujours une méthode qui lui a longtemps bien réussi. Une fois le site web livré au client, approché dans le cadre d'un démarchage intensif, le contrat est cédé à une société de crédit-bail, qui encaisse la facture par mensualités étalées sur plusieurs années.
Les méthodes commerciales pour le moins volontaristes de l'entreprise ne lui ont pas valu que des amis : Cortix a fait l'objet devant des juridictions civiles de nombreux procès tantôt gagnés tantôt perdus, contre des clients qui mettaient en cause la régularité ou la bonne exécution des contrats. Par ailleurs, une action pénale a été intentée il y a plusieurs années sans avoir à ce jour débouché sur la mise en examen d'Hassane Hamza.
Jusqu'en 2008, cette stratégie s'avérait en tous cas économiquement payante. Introduite en Bourse, l'entreprise avait ouvert à Tunis un centre d'appel employant plusieurs centaine de personnes, chargées de décrocher des rendez-vous pour les commerciaux de l'Hexagone et d'autres pays européens. Car, tout en labourant le marché hexagonal, la société avait entre autres ouvert des filiales en Suisse, en Allemagne, en Espagne, au Royaume-Uni, etc.
Détérioration des comptes
Mais, à partir de la crise bancaire de 2008, le panorama s'est rapidement dégradé : les clients sont devenus plus difficiles à trouver, et les défaillances se sont accumulées. Cette situation a eu des conséquences d'autant plus préjudiciables pour l'entreprise, qu'en cas de défaut de paiement des clients dans les deux mois suivant la conclusion du contrat, Cortix devait assumer le risque à la place de la société de crédit-bail.
Confrontée à une détérioration accélérée des comptes, Hassane Hamza s'est efforcé d'écoper pour réduire les sources de pertes. Cortix s'est séparée de 20 % du personnel de son siège social de Mérignac. Elle a amputé son réseau de filiales pour ne garder que l'Irlande, l'Espagne, la Belgique et la Suisse. Et elle a diminué la voilure de son centre d'appel tunisien. Mais, bien que son volume de contrats soit reparti à la hausse fin 2009 après avoir connu un gros creux, son exercice semble s'être soldé par un très lourd déficit.
Dans ces conditions, l'entreprise avait déjà entamé il y a quelques mois des discussions avec ses banques, afin de renégocier une dette qui semble s'élever à plus de 10 millions. Mais aucun accord n'a pu être conclu, ce qui l'a incitée à demander le bénéfice de la sauvegarde.
Philippe Olhagaray, avocat de l'entreprise, indique que les salaires de février ont été payés et que la société n'a pas l'intention à ce jour de procéder à de nouvelles suppressions d'emplois. Il indique que la période de la sauvegarde va être mise à profit pour poursuivre des négociations avec les banques, mais aussi pour mener des discussions avec d'éventuels partenaires industriels ou financiers, susceptibles de prendre une participation minoritaire ou majoritaire dans la société. On saura sans doute d'ici quelques mois si cette procédure permet de sauver Cortix et ses emplois.
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Source: Sudouest.com

